Nikias Imhoof

«Double exposition, un itinéraire de retour»
par Barbara Polla,
Octobre 2021

« Nikias Imhoof (1992) est pianiste, photographe et poète. Depuis le printemps 2020, il anime l’espace Art & Musique d’Analix Forever avec des concerts réguliers, odes aux multiples expositions de la galerie. Avec « Double exposition, un itinéraire de retour », Nikias Imhoof propose son travail photographique récent dans cet espace particulier, mais aussi, pour la série « Ballade d’heures obliques », dans son propre espace de vie privé situé à proximité. 

Le spectateur d’Analix Forever se voit transporté d’un lieu à un autre, dans des espaces à la fois lointains et familiers, intérieurs et extérieurs, ici et ailleurs, dans une narration oblique de la vie. Et comme le fait la vie, comme le font les rues, l’artiste nous montre une sélection de ce qui capte son œil : ses images parlent de complexité, de hasard bienheureux, avec une certaine complaisance pour l’échec, pour ce que l’on appelle les ordures, et pour l’indéterminé. Une sélection sans exclusion mais sans présence humaine, qui n’est qu’évanescente : Nikias Imhoof, pour l’instant, préfère les traces, une métonymie du monde. 

Le photographe propose également une série de photographies en noir et blanc qui sont, littéralement, des « doubles expositions ». Ici prime l’expérimentation, qui s’inscrit dans la suite logique du travail précédent de l’artiste et de sa toute première exposition sur l’amorce photographique. De l’inattendu recherché émanent des images magiques. 

Avec sa « Ballade des heures obliques », Nikias Imhoof montre un travail poétique sur l’invisible de son espace de vie – de nos espaces de vie. Ces images prises en intérieur, au sein de son cadre de vie, accrochées et proposées au regard des visiteurs extérieurs, réfléchissent et transforment l’espace intime où elles ont été prises. Intimité, extimité : les spectateurs sont invités à partager la poésie de quelques instants d’émerveillement du photographe. »

28 de Gulio (extraits)
Photographie argentique, 2021

Ojos Azules, (extraits)
Photographie argentique, 2021

Bio express :

Né à Genève en 1992, Nikias Imhoof débute l’étude du piano à l’âge de quatre ans. En 2014, il intègre la classe de piano de Cédric Pescia, pour un Master en Piano-pédagogie, puis un Master Concert spécialisé dans l’interprétation de la musique contemporaine. 

Il compose depuis une dizaine d’années des pièces pour diverses formations (jouées notamment par les musiciens de l’ensemble Contrechamps). Il a suivi en parallèle des cours de philosophie et de littérature française à l’UNIGE.

Il travaille actuellement à l’élaboration de divers recueils de poèmes, dont Elucubrations et Des rives et au-delà. En 2020, il participe au projet Equinoxe et quelques uns de ses poèmes sont publiés dans deux recueils collectifs aux éditions du « Pan poétique des muses » et aux éditions « Ishtar ».

Nikias Imhoof commence à travailler la photographie dès 2013 : sa première exposition « AMORCES/…arios hombres » (en solo) a eu lieu à L’Almacen (à Genève) en février 2019. Double exposition, un itinéraire de retour est sa seconde exposition solo.

 






Analix Forever
Rue du Gothard, 10
1225 Chêne-Bourg 

Tram 12, station : Place Favre
www.analixforever.com

Pratique :
Rue du Gothard 10
Ouvert du mercredi au vendredi de 13h à 17h30 et sur rendez-vous.
Exposition jusqu’au 23 décembre 2021

et

Rue du Gothard 4,
3è. étage
Exposition jusqu’au 23 décembre 2021
Ouvert sur rendez-vous uniquement à +41 79 577 03 78 


The Cover : Pierre Schwerzmann

Peinture murale pour l’Usine à Gaz, 2021
Visible à la nouvelle Usine à Gaz, Nyon, Suisse

Peinture murale pour l’Usine, par l’artiste.

 » Pour ce lieu destiné prioritairement aux arts vivants permettez-moi de parler très brièvement de peinture.

Dans son rapport au temps, si différent de celui des arts vivants, la peinture a l’âge des feuilles qui tombent des arbres. Si elle inclut un détachement, une séparation, elle inclut aussi le temps. Pour ce lieu, je l’ai vue comme un complément silencieux aux arts du spectacle. Dans ce projet, j’ai voulu faire quelque chose qui reste pour quelque chose qui bouge, sachant que ce qui bouge fait fatalement bouger ce qui reste.  

Il s’agit de simples bandes de couleurs vives traversant un mur de béton sur lequel s’appuie la structure architecturale où dominent les noirs et les variations de gris. Par contraste, elles cherchent à donner son unité à ce grand mur morcelé par cette infrastructure. Ce que montrent ces tracés colorés est un dispositif de déplacement. Dans la verticalité de la cage d’escaliers, les lignes horizontales apparaissent et disparaissent au gré du cheminement, elles se déplacent en accompagnant le déplacement des corps vers l’obscurité des niveaux inférieurs ou vers la lumière des entrées.

Une des spécificités de cette peinture est la tentative d’inclure l’utilitaire dans son champ. À voir, cela ne paraît rien, mais gérer 6 kilomètres de ruban coloré suppose une vision globale et de détail à s’arracher les cheveux compte tenu de la complexité du lieu. Pour exemple, faire coïncider les bandes de couleur avec les escaliers sur quatre niveaux à hauteurs variables comme si de rien n’était a été un vrai défi. Faire apparaître les éléments utilitaires disséminés sur la surface comme des ready made, faire d’un tableau technique un tableau, fait aussi partie de ce travail, son éventuelle nouveauté, soit de transformer tout ce qu’il touche en signe. Pour cela, il a fallu que cette peinture englobe ce grand mur de béton, qu’elle lui donne sa dimension, qu’elle établisse son plan. 

Dans mon travail, je suis sensible aux différents contextes et au passage clair d’un contexte à l’autre pour éviter d’être noyé dans l’indifférencié. Quand je pense théâtre, performances scéniques, cinéma ou concert, je pense à cette sorte de captation, parfois hypnotique qu’ils engendrent en nous. Après le spectacle et devant la peinture il est possible de se taire… ou de parler. Cette peinture a donc été conçue pour ce lieu, elle ne se veut pas intrusive, elle accompagne et laisse parler. Elle n’a pas de mots d’ordre, elle n’envahit pas, elle se retire derrière les gens qui passent ou s’arrêtent… en les reliant. « 

Pierre Schwerzmann,
Août 2021

A Book To Get : NUDES by Richard Kranzin

Richard Kranzin’s new book NUDES is now available from BOYS! BOYS! BOYS! at www.boysboysboys.org !

From 2018 – 2020 German photographer Richard Kranzin photographed over 60 young men in the protected space of their own four walls. The resulting analog pictures are technically and compositionally perfect and, in their flawless beauty and simplicity, concentrate solely on their content: beautiful and young men who are simply themselves.

Get your copy for USD 70.- here : www.boysboysboys.org

IG / @queer_art_photography

The Cover : Clément Grimm « What is my next move? »

Collaborative experimental video project, where everyone participated without knowing what the footage looks like, offering a strange synchronization between images, sounds and subtitles to the viewer. A dreamy but arbitrary narration.

The “uncontrolled” experimentation on the final video was the main source of the project.

« What is my next move? » 4’55’’

Creative and Film Director // Clément Grimm
Actress // Antonina Oskolova
Text // Peilian Li
Camera // Clément Grimm, Roman Fomin
Sound Producer // Fanny Dunning

Ce court métrage tourné par des étudiants de l’ECAL / Ecole Cantonale d’Art Lausanne montre à la fois deux choses grâce a un jeu franc et un parti pri esthétique coupé et tendu qui impose une dualité visuelle. Une recherche et des réponses.

A gauche, l’occupant observe, regarde et immortalise en continu, sans cesse et nous donne le tempo.

Côté droit, tout est ouvert. Peut-être la réponse est-elle mathémathique, métaphysique, peu importe. On essaie de répondre à des questions qu l’on n’ose pas poser, nous les spectateurs.

Savamment executé et d’excellente qualité, ce court métrage de Clément Grimm fait sensation au premier regard et nous rassure calmement avec cette pointe de luxe et de volupté indélébile au jeune metteur en scène.

Hannah Grandi-Glasberg,
Juin 2021

DR / Clément Grimm 2021
IG / Clément Grimm